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Lutte contre le terrorisme au Sahel : Une guerre résiliente

L’armée nigérienne reprend du terrain face aux groupes terroristes dans les régions frontalières du Mali et de Burkina Faso. Cette résilience des forces de défense et de sécurité a obligé les groupes armés à s’en prendre aux civils. Depuis un certain temps, à défaut d’affronter les Forces de défense et de sécurité (FDS), attaquent les populations civiles. Des localités du Liptako au Burkina et au Niger sont victimes. Plusieurs villages de la région de Tillabéry subissent les assauts des terroristes avec malheureusement des morts et des blessés.


En juin 2021, des hommes armés non identifiés ont tué 130 civils dans le village de Solhan au Burkina Faso, l’une des attaques la plus meurtrière visant des civils. En mars 2021, des attaques ont fait 137 morts dans diverses localités au Niger. « Le conflit au Sahel se caractérise par de graves atteintes aux droits humains commises par toutes les parties concernées, notamment des massacres de civils imputables à des groupes armés qui n’ont pas de comptes à rendre. Plus d’un million de personnes sont déplacées dans la région et la crise humanitaire se mue rapidement en l’une des plus tragiques du monde », a déclaré Patrick Wilcken, responsable du programme Entreprises, sécurité et droits humains à Amnesty International.
Selon l’ONG Armed Conflict Location Event Database Database (Base de données sur le lieu et le déroulement des conflits armés, ACLED), on a recensé plus de 6 000 morts parmi les civils entre 2017 et 2021 au Burkina Faso, au Mali et au Niger.
Face à l’incapacité de l’armée malienne à reprendre les zones du Nord sous l’emprise des terroristes, le Niger et le Burkina doivent repenser la stratégie sur le terrain avec la recrudescence des attaques contre les civils. Une synergie d’action entre les armées du Burkina et du Niger peut aider à sécuriser les localités frontalières de ces pays avec le Mali par ou opèrent les groupes armés basés sur le sol malien.
Coup dur pour les groupes armés
La décision du gouvernement nigérien de reloger les populations déplacées internes de zone des conflits, est un signe de reprise du territoire par les forces armées nationales.
Cette démarche vise sans nul doute à réduire la marge de manœuvre aux terroristes, car les autorités nigériennes ont accompagné cette opération de relogement avec le renforcement de la sécurité dans ces localités concernées.
Dans la région de Diffa se sont environ 26 000 personnes qui ont été reconduits le 20 juin 2021 dans leurs villages respectifs qu’elles ont fuis suite aux incursions répétées des Boko Haram.
Les autorités nigériennes a opté avec l’installation de la saison hivernale, pour le relogement dans leurs localités d’origine, des populations déplacées internes qui ont fui les attaques terroristes. Plusieurs civils de la localité d’Anzourou, près de la frontière malienne ont bénéficié de l’accompagnement de l’Etat et ont été relogées dans leurs villages. Des dispositifs sécuritaires ont été installés pour renforcer la sécurité des personnes relogées.
Ainsi, à la date du 02 aout 2021, le déplacement interne des populations est en baisse de 9% par rapport au 1er trimestre 2021. La baisse est selon OCHA attribuée à l’organisation par le gouvernement des retours des personnes déplacées internes dans leurs villages d’origine.
L’opération de relogement débutée en juin dernier vise à réinstaller plus de 110000 personnes dans plus de 100 villages.
A la date du 02 aout 2021, ce sont plus de 30 000 personnes provenant de 22 villages qui ont été retournés dans leurs localités d’origine dans l’est de Diffa. Le relogement se poursuivra dans la région de Maradi avec 15395 personnes, Tahoua avec 54972 et 100564 à Tillabéry selon OCHA.
On compte au Niger 289 000 personnes déplacées internes et 243 000 réfugiés en situation de déplacement forcé au 2e trimestre.
Contrôle sur les armes
La lutte contre le terrorisme au Sahel serait inefficace si les pays ne mettent pas un accent particulier sur la circulation des armes de guerres. Plusieurs experts et organisations non gouvernementales ne cessent d’interpeller les pays du Sahel et leurs alliées dans la lutte contre les groupes armés sur la provenance et la facilité avec laquelle les armes pullulent dans la zone.
Il existe un risque inacceptable que les armes soient détournées vers des groupes armés, selon un rapport de l’ONG Amnesty international.
Cette dernière qui pointe des doigts certains pays occidentaux pourvoyeurs d’armes vers le Sahel, invite les Etats à moins d’une semaine de la conférence annuelle sur le Traité sur le commerce des armes, à se montrer à la hauteur de leurs obligations et à ne pas valider de transferts d’armes susceptibles de favoriser des violations des droits humains ».
Le 30 août, des délégués de 110 pays se rencontreront à Genève à l’occasion de la septième Conférence des États parties au Traité sur le Commerce des Armes (TCA). Le TCA interdit aux États d’exporter des armes lorsqu’il existe un risque prépondérant que ces armes servent à commettre ou à faciliter des génocides, des crimes contre l’humanité, des crimes de guerre ou de graves atteintes aux droits humains. Cela englobe le risque que les armes vendues à des gouvernements soient cédées illégalement à des auteurs d’atteintes aux droits humains.
Depuis 2011, le Mali est confronté à une insurrection menée par divers groupes armés, parmi lesquels l’État islamique au Grand Sahara (EIGS) et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al Qaïda. Le conflit a gagné le Burkina Faso et le Niger.
D’après les données officielles du rapport annuel de l’Union européenne, depuis 2013, les États membres de l’UE ont accordé 506 licences pour des équipements militaires, pour un montant de 205 millions d’euros, au Mali et au Burkina Faso.

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